Frisson

Juste poser les mots qui me traversent l'esprit. Et voir la tête qu'ils ont, à l'écran. Un mélange de tranches de vie et de tentatives littéraires.

lundi 25 août 2008

White Chalk

Hier soir, par la fenêtre ouverte, une voix portée par le vent.

White chalk hills are all I've known
White chalk hills will rot my bones
White chalk sticking to my shoes
White chalk playing as a child with you

Des frissons me parcourent l'échine, d'entendre ce timbre qui vibre dans l'air comme un fantôme. Ils ont mis PJ Harvey, juste à côté de chez moi (la fin du site alternatif Artamis).

Le lendemain du concert au Grand Rex, il y a bientôt une année... on avait été voir l'expo de Giacometti à Beaubourg avec mon ami L. Je découvrais cet artiste, au-dessus des toits de Paris brillant sous un soleil de novembre.

Après le rêve, après l'amour, après la nostalgie, après le vertige de l'enfance retrouvée, l'émotion reste insaisissable. Elle se montre comme un flash de lumière, puis disparaît aussitôt sans qu'on puisse la retenir, ni la rappeler.

Et dans ces figures effilées aux contours impurs ; dans cette musique qui nage dans les scories de cordes et de voix réverbérées, voilà qu'il devient possible de s'arrêter, et de comtempler.

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jeudi 21 août 2008

Jardin des Plantes

17h02, Jardin des plantes de Toulouse. Les cloches d'une église voisine viennent de cesser de sonner. Le soleil est encore lourd mais on sent déjà venir la fin de la journée. La fatigue des heures passées dans une belle chaleur de juillet semble griser les enfants, ils sont complètement absorbés par leurs jeux. Peut-être savent-ils qu'à tout moment leurs parents avachis sur les bancs alentours risquent de rassembler leurs forces, de se lever pour reconduire leur progéniture à la maison où les attendront les dernières activités du soir, manger, dormir, avant d'affronter l'inconnu d'une nouvelle journée. Sûrement espèrent-ils que ce moment ne viendra jamais. Qui n'a pas connu cela, en vivant des heures suspendues dans la félicité, l'espoir que le temps s'arrête, l'illusion qu'en se concentrant très fort sur ce que l'on est en train de vivre, on sera oublié, laissé en paix. Mais ça n'arrive jamais. On ne quitte pas le navire comme on veut.

Hier j'ai lu cette phrase, (je ne sais plus où ?! Blog ? Marché aux puces ?*) qui avait tellement de sens pour moi : on n'est jamais assez rien du tout.

* ça y est, ça m'est revenu : Amélie Nothomb qui cite Scutenaire qui cite un poète, dans les Catalinaires.

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Holy days

Pendant quatre semaines, je les ai vus tous les jours.

Une aventure...

Au bout du compte, bien au-dessus de la fatigue, l'impression d'avoir encore fait un bout de chemin ensemble, d'avoir construit quelque chose. Tellement délicieuse est la sensation d'avoir apporté sa contribution à l'édification d'un être en devenir. Il ne doit pas y avoir de plus beau privilège que celui d'être parent, de se trouver comme ça aux premières loges devant le spectacle fascinant d'un enfant qui grandit (tout en n'ayant pas fait grand chose pour mériter ça).

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Le premier soir sur les rives de la Méditerranée. Elle avance vers la mer, puis court en criant quand une vague la rattrape. Belle image que cette mer, si fascinante par son ambiguïté de mort et de vie, jouant avec cette petite fille aux jambes agiles et grâciles.
 

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lundi 18 août 2008

La semaine passée

Ça sent l'automne, les feuilles mortes roulent déjà sur le bitume. D'habitude, j'aime ce moment de l'année ; après que l'atmosphère est étouffée complètement par les écrasantes canicules, les premières fraîcheurs - et la fin de la lumière aveuglante - me laissent comme dans le vertige d'une apesanteur. L'être et les pensées se retrouvent alors entourés de vide, au creux du ventre apparaît ce petit fourmillement, un joyau délicat de désir, de faim et d'envies que je cherche à satisfaire dans l'art et dans l'amour. Mais le 13 août... c'est beaucoup trop tôt. Je refuse. J'ai encore besoin d'être assommé, de me laisser cuire à petit feu par l'oisiveté et l'engourdissement légitime. L'été indien attendra.

[Voeu exaucé]

Posté par ayamenigga à 20:52 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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