Ça sent l'automne, les feuilles mortes roulent déjà sur le bitume. D'habitude, j'aime ce moment de l'année ; après que l'atmosphère est étouffée complètement par les écrasantes canicules, les premières fraîcheurs - et la fin de la lumière aveuglante - me laissent comme dans le vertige d'une apesanteur. L'être et les pensées se retrouvent alors entourés de vide, au creux du ventre apparaît ce petit fourmillement, un joyau délicat de désir, de faim et d'envies que je cherche à satisfaire dans l'art et dans l'amour. Mais le 13 août... c'est beaucoup trop tôt. Je refuse. J'ai encore besoin d'être assommé, de me laisser cuire à petit feu par l'oisiveté et l'engourdissement légitime. L'été indien attendra.

[Voeu exaucé]