jeudi 21 août 2008
Jardin des Plantes
17h02, Jardin des plantes de Toulouse. Les cloches d'une église voisine viennent de cesser de sonner. Le soleil est encore lourd mais on sent déjà venir la fin de la journée. La fatigue des heures passées dans une belle chaleur de juillet semble griser les enfants, ils sont complètement absorbés par leurs jeux. Peut-être savent-ils qu'à tout moment leurs parents avachis sur les bancs alentours risquent de rassembler leurs forces, de se lever pour reconduire leur progéniture à la maison où les attendront les dernières activités du soir, manger, dormir, avant d'affronter l'inconnu d'une nouvelle journée. Sûrement espèrent-ils que ce moment ne viendra jamais. Qui n'a pas connu cela, en vivant des heures suspendues dans la félicité, l'espoir que le temps s'arrête, l'illusion qu'en se concentrant très fort sur ce que l'on est en train de vivre, on sera oublié, laissé en paix. Mais ça n'arrive jamais. On ne quitte pas le navire comme on veut.
Hier j'ai lu cette phrase, (je ne sais plus où ?! Blog ? Marché aux puces ?*) qui avait tellement de sens pour moi : on n'est jamais assez rien du tout.
* ça y est, ça m'est revenu : Amélie Nothomb qui cite Scutenaire qui cite un poète, dans les Catalinaires.
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