Frisson

Juste poser les mots qui me traversent l'esprit. Et voir la tête qu'ils ont, à l'écran. Un mélange de tranches de vie et de tentatives littéraires.

mardi 24 juillet 2007

Holidays

Chacun de ses pas graciles rebondit sur la surface de l’eau, elle rit, elle laisse derrière elle un chemin de lumière, un sillon éclaboussé par les derniers rayons du dernier jour de vacances. Des voix d’enfants dans une sublime distance, ils courent tous sur ce petit lac et je m’oublie dans leur ivresse enfantine.

Il est couché contre moi et il pleure dans mon cou, bientôt à son torrent chaud se mêlent mes propres larmes, je lui dis, pendant ces trois prochaines semaines, ce qui me ferait le plus plaisir c’est que tu en aies, du plaisir, laisse-toi vivre, on ne reste pas enfant éternellement, et lui il pleure en me demandant pourquoi je ne lui ai pas dit ça plus tôt. Il me dit qu’il n’est pas un enfant normal, pas comme les autres, alors je lui dis qu’il a raison, qu’il est unique et que c’est pour ça que je l’aime. Je lui dis d’imaginer mon cœur, tu le vois ? Dedans il y a une grande partie juste pour toi, elle est toujours là, tu peux imaginer ton visage qui sourit, dans mon cœur, alors il pleure encore plus fort et il me dit qu’il ne sait pas si c’est de tristesse ou de joie.

Dans le rétroviseur il y a un visage qui dort, et puis un œil qui s’ouvre, juste une rencontre de nos regards, je lui souris, elle me répond par un éclat de ses yeux bleus en amande et tout est là, tout est dit, dans un simple jeu de lumière dans ces rétines adorées et complices.

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mercredi 4 juillet 2007

Les maux des autres

De Belle du Seigneur d'Albert Cohen, que j'ai terminé le mois passé, je retiens l'écriture virtuose, les envolées lyriques, les mots qui fusent comme des lames. Mais face à l'histoire de la passion elle-même, j'avoue être resté extérieur. Du mal à m'identifier aux extrémités masochistes atteintes par les figures du roman. Souvent, au cours de la lecture, les solutions à leur mal-être me semblaient si évidentes, je quittais alors des yeux la psychologie propre aux personnages et semblais deviner en toile de fond la volonté de l'auteur lui-même, son plaisir sadique devant ses créatures s'empêtrant dans la souffrance. On ne prend vraiment plaisir à voir s'animer des marionnettes que si les fils qui les guident sont parfaitement invisibles.

Je suis beaucoup plus atteint par Se perdre, d'Annie Ernaux, que je lis en ce moment. Le trio amour, mort, écriture, il me semble le connaître si bien, mais je ne l'avais jamais nommé. Je me rappelle ces nuits passées à désirer que la mort m'emporte, à défaut d'avoir le droit de la chercher. Et ces mots assemblés, dans mon esprit, meublant le vide des plafonds endormis. Je n'ai jamais tenu de journal, mais pour moi la rédaction intérieure est un véritable acte d'écriture : elle laisse des traces, un cheminement de pensée, même si elle finit par se tordre dans la mémoire défaillante.

Un nombre impressionnant de phrases d'Annie Ernaux que je peux prendre pour moi sans en changer un iota. Enfin, que j'aurais pu prendre. Parce que ce trio mortel, j'ai l'impression de l'avoir surmonté, ces derniers jours. Je crois que j'ai changé. Mais je ne suis pas sûr, j'ai trop souvent l'impression de ne plus être le même qu'hier. Seule l'épreuve du temps...

Posté par ayamenigga à 22:49 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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