Frisson

Juste poser les mots qui me traversent l'esprit. Et voir la tête qu'ils ont, à l'écran. Un mélange de tranches de vie et de tentatives littéraires.

mercredi 29 octobre 2008

Une heure par semaine

Les mardis, entre 17h40 et 18h40.
Je me retrouve seul avec ma fille, une heure non pas à tuer mais à faire vivre, dans le quartier des Eaux-Vives. Jusqu'avant les vacances, c'était promenade au parc. Depuis l'heure d'hiver et le temps d'automne, tout est à réinventer. Alors, hier, traversée de la rade en bateau, dans la nuit et sous la pluie. Habitacle étroit, odeurs de graisse et de diesel, lumières humides, crapotement  du moteur, crissement de  l'essuie-glace avant. Le bateau glisse soudain sur une masse sombre. Silence. Le silence des voyages. Mis en musique par les vibrations du moteur, qui nous plonge dans un quasi hypnotisme. Elle pose sa tête contre moi. Je ne sais pas comment elle vit ce voyage, avec ses yeux d'enfant, ses yeux de rêve. Comment cet instant va vivre dans son imagination. Elle serre ma main dans la sienne, les yeux grand ouvert ; je sais que c'est en faisant rêver les enfants qu'on les aide à grandir. Le soir, en la couchant, elle me reparle de ce moment, de la lumière rouge du bateau, des vagues soulevées à notre passage, de notre course sur les quais ponctués de flaques. Et elle s'endort en souriant.

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jeudi 23 octobre 2008

Dans de beaux draps

Cela fait un moment que je voulais sortir un peu ce blog de l'anonymat. C'est Elle qui a pris cette photo, pendant que je dormais. Non, ne cherchez pas, il n'y a pas de lien depuis le Elle ; Elle n'est pas sur Internet, juste dans ma vie réelle.

matin


Et oui c'est bien moi. Pendant les vacances d'été, j'avais le crâne rasé suite à une erreur fatale de tondeuse. Je suis un grand distrait. Un de ces jours je le referai volontairement.

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mercredi 22 octobre 2008

Joie passée

Il y a 2 semaines : à 20h57 je laissais ma fille de 6 ans étendue de tout son long sur son lit, restant encore sous le charme de ce petit être abandonné à son sommeil (quiconque est un témoin familier de l'endormissement des enfants doit comprendre de quelle émotion je parle). Moins d'une minute plus tard, comme si j'avais simplement changé de chambre dans mon appartement, je me retrouvais dans le cinéma le plus cosy de Genève, le Spoutnik, un vrai petit bijou.

Dès les premières minutes du film, comme je l'ai dit à maaa qui m'avait à l'origine conseillé ce film, j'ai compris où Old Joy allait m'emmener. Dans un voyage initiatique au cœur de l'amitié.

L'amitié avec toutes ses caractéristiques, telles qu'elles colorent ma vie ces derniers mois.

L'amitié à laquelle il est d'abord si difficile de donner du temps. Dans laquelle il faut se laisser aller, parce qu'on est souvent retenu. L'amitié dont la première œuvre est de mettre le monde à distance.

L'amitié qui fait redécouvrir le silence. Celui des routes. De la musique partagée. Des instants où, paradoxalement, la présence d'un être cher aide à se retrouver, se recentrer.

L'amitié qui fait redécouvrir la joie du jeu, du divertissement, du rire, de l'ivresse et du n'importe quoi. Qui laisse tomber les apparences et retrouver l'être trivial (voire crétin, pour rester poli) qu'on camoufle parfois sous d'innombrables couches de sérieux et de peurs.

L'amitié qui mène à des moments indicibles, à des paroles aux profondeurs immenses. A des prises de conscience, au droit de réinventer sa vie. A des rencontres authentiques dans une intimité qui confine au spirituel. Et finalement, comme le dit Will Oldham l'acteur dans son monologue crucial, à cette tristesse qui n'en est pas une, qui n'est qu'une reconnaissance du fait que la félicité qui vient d'être éprouvée est derrière soi.

Il y a tout ça dans Old Joy, dans à peine plus d'une heure de film.

A mes quatre frères, qui m'ont été donnés après que j'ai perdu le mien.

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lundi 20 octobre 2008

Art ?

Je crois que ça va etre de plus en plus ça, la vie. Essayer de retenir le temps entre ses doigts, et sentir pourtant que le sable s'échappe dans des fissures toujours plus grandes. Sur les semaines qui défilent, tenter de poser quelques ancrages pour se donner l'impression d'avancer : progresser dans la musique, avancer dans un livre, aller voir un concert, un film, tomber sur un truc édifiant à la télévision (oui oui, ça arrive). On ne parle meme plus d'écrire. Et pourtant, ça ne devrait pas etre difficile d'écrire tous les jours ne serait-ce que quelque chose de banal.

Dernier moment marquant du point de vue artistique : Au-delà du temps, un film sur la vie de Glenn Gould. En regardant les premières minutes, je me suis dit que ce type était fou. Et au fil des images, des interview, j'ai compris que sa démarche s'inscrivait dans une dimension qui dépasse largement ce siècle. A en avoir le vertige. Voyez ce film.

Posté par ayamenigga à 22:23 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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