Frisson

Juste poser les mots qui me traversent l'esprit. Et voir la tête qu'ils ont, à l'écran. Un mélange de tranches de vie et de tentatives littéraires.

vendredi 15 juin 2007

Vers neuf heures moins le quart

Un étau contre mes joues, mon ventre. Ma peau se tend, ma chair se resserre, mon être se concentre, j’existe, je palpite, jamais autant que maintenant.

Vision de son profil, vision absolue, elle attend que le feu passe au vert, son regard impassible, saisissante et parfaite immobilité. Ressac de son odeur, des rondeurs de cette nuit, du grain de sa peau. Des vagues, des vagues contre moi, je résiste à la première, la seconde me fait vaciller, la troisième m’emporte, ma substance est perdue, je ne suis plus que liquide, et sel.

Elle commence à marcher, une marée dans mon corps suit chacun de ses gestes, écho à son mouvement présent, au rythme de cette nuit. Son visage mat délayé dans les lueurs sonores et nocturnes, fourmillement de mes lèvres sur sa joue, dans les reliefs de son visage et la naissance de son buste. Je perds pied, vertiges.

Plus qu’une silhouette qui s’éloigne derrière une vitre ruisselante, un mur dissimule lentement son corps, son parapluie reste bientôt la seule trace de ses pas, une tache beige parmi d’autres couleurs dansant sous la pluie. Chaviré, ivre, fiévreux assistant aux minuscules sursauts des ronds chamarrés, moqueurs. Riez, parapluies, riez de ma misère et de mon déchirement, écorchez-moi, rongez, dévorez-moi, lentement.

Posté par ayamenigga à 12:12 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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